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Forum de la Société Civile des Pays Moins Avancés, - En marge de la IV conférence des Nations Unies sur les PMA

Déclaration d’Istanbul du 13 mai 2011

Posté le 16 mai 2011 par

1. Nous, représentants des organisations de la Société Civile, réunis ici à Istanbul, en Turquie, du 7 au 13 mai 2011 au Forum de Société Civile de la quatrième conférence des Nations Unies sur les PMA, exprimons notre réconfort et notre satisfaction pour toute l’importance et les occasions nous accordées afin d’exprimer nos opinions sur les défis des PMA et la formulation du Programme d’action d’Istanbul ainsi que la déclaration politique d’Istanbul.

2. Cependant, il est à constater la déception profonde qui est la nôtre, en rapport avec la conclusion de ce processus. Il ressort clairement que nos voix n’ont pas été entièrement entendues et n’ont pas été reflétées dans les résultats de cette conférence. Les négociations ont commencé par des analyses des déficits du programme d’action de Bruxelles, comme indiqué dans le rapport 2010 de la CNUCED sur les PMA. Celles-ci ont prouvé que les partenaires au développement n’ont pas respecté leurs engagements en matière de l’aide, en matière de reforme des règles commerciales injustes, en matière de l’annulation du fardeau de la dette et en matière de renforcement des capacités de PMA.

3. D’une manière primordiale, les diverses analyses ont également indiqué des failles et les points faibles du modèle du développement prôné par les acteurs dominants de la communauté internationale. La croissance économique prônée a été injuste et insoutenable, ayant pour conséquence la dépendance de la productivité des PMA, la désindustrialisation, le dommage causé à l’environnement et la marginalisation socio-économique. Ces échecs et le paradigme défectueux ont contribué à l’accroissement du nombre des PMA passés de 24 à 48, et au retrait de seulement trois PMA pendant les trois dernières décennies. Plus de la moitié de femmes et d’hommes dans les PMA, vivent toujours dans l’extrême pauvreté. La violation des Droits de l’Homme s’intensifie. La justice sociale et la paix demeurent un rêve.

4. Dès le début, nous avons énoncé clairement notre opposition à toute cette politique internationale en défaveur des PMA. Nous avons appelé au changement du paradigme de développement. Nos appels ont fait écho des propositions pour une nouvelle architecture internationale de l’aide au développement, et nous sommes allés plus loin dans la réclamation d’une transformation plus fondamentale des relations entre riches et pauvres, puissants et faibles, hommes et femmes, élites et misérables, dominants et marginalisés. Nous avons crié haut et fort pour que cette conférence marque un tournant vers plus de justice, vers un monde plus équitable et plus soutenable. Nous sommes profondément déçus que le programme d’action d’Istanbul d’action ne soit pas arrivé à atteindre ces défis.

5. Nous croyons fortement qu’il est important de baser le développement sur les capacités des PMA et pas sur leurs faiblesses. Des pays peuvent être classés par catégorie comme pauvres selon les critères de l’ONU, mais ils demeurent riches en sur d’autres aspects beaucoup plus importants comme la cohésion des communautés, les ressources naturelles et la capacité à vivre en harmonie dans un monde juste, dans les diversités culturelles et dans la dignité humaine. Il faut reconnaitre le potentiel et le nombre important des jeunes femmes et hommes qui croient fermement et espèrent énormément en un autre monde plus meilleur. De plusieurs manières, nos sociétés sont de loin les moins développés.

6. Nous reconnaissons et réaffirmons que les PMA sont économiquement désavantagés, exploités et marginalisés. En tant que partie prenante de la préparation de cette conférence, la société civile s’est engagée dans un processus étendu de consultations locales, nationales et régionales en Afrique, en Asie et le Pacifique afin d’écouter les soucis des personnes dans les PMA. Celles-ci ont relevé l’accentuation des fardeaux aux lesquels les peuples marginalisés et vulnérables des PMA ont dû faire face dans la dernière décennie, avec de nouvelles crises alimentaires, hydriques et énergétiques, les impacts de la crise financière, et l’intensification de la crise climatique. Il existe une crainte profonde au-delà d’un futur incertain malgré la détermination des peuples à survivre.

7. La conférence d’Istanbul n’est pas parvenue à atteindre nos espérances et le mandat de l’Assemblée générale de l’ONU. Nous rappelons la résolution A/RES/63/227 de l’Assemblée générale de l’ONU aux gouvernements « Engager la communauté internationale à renforcer son appui et son action en faveur des pays les moins avancés et, à cet égard, élaborer et adopter un partenariat renouvelé entre les pays les moins avancés et leurs partenaires de développement ; ». Ceci ne s’est pas réalisé. La société civile est frustrée de constater que malgré des politiques ayant entraîné dans les PMA des pertes massives suite à la spéculation financière et alimentaire, suite aux règles de commerce injustes, suite aux prêts illégitimes avec une conditionnalité exagérée, et des dommages écologiques, y compris le changement climatique, les pays développés n’aient pas même pu accroitre leur aide aux PMA. Encore grave, plusieurs de donateurs réduisent leur aide ou la détournent pour payer des dommages de changement climatique, en dépit de leurs engagements dans des négociations d’UNFCCC pour fournir le nouveau et additionnel placement pour des finances de climat. Des niveaux actuels de l’aide sont rapetissés par les coûts en augmentation des dommages faits aux économies de PMA et à leurs populations.

8. Nous saluons les efforts fournis par les gouvernements de PMA et le gouvernement turc pour développer des engagements réels dans le programme d’action d’Istanbul, mais l’appel de la résolution d’UNGA pour une nouvelle approche a été miné par les pays développés ayant systématiquement enlevé tous les Objectifs, Indicateurs et mécanismes de mise en œuvre qui ont pu être proposé pour leur prise en compte. Ils ont refusé d’accepter des engagements au delà de ceux déjà convenus dans d’autres forum comme le sommet du Millénaire, l’OMC et les négociations sur le changement climatique. Et ils ont utilisé ces négociations pour essayer de créer des divisions entre les pays en voie de développement par un appel et une déclaration de quelques pays en voie de développement pour souscrire aux mêmes engagements que les pays développés. La coopération sud-sud sera crucialement importante pour le futur desPMA, mais les pays en voie de développement doivent contribuer selon leurs objectifs communs avec des responsabilités différentes. La Coopération Sud-Sud devrait compléter mais non pas remplacer les engagements pris par les pays développés.

9. Nous soutenons la proposition et l’appel aux PMA à augmenter la capacité productive dans le programme d’action. C’est crucial de créer des emplois pour les nombres de plus en plus importants des jeunes par des politiques incluses qui donnent un plus-value aux ressources, diversifient l’économie et se construisent sur capacités des PMA. Nous saluons également l’identification dont les gouvernements ont besoin pour mener le processus de développement, pas les donateurs ou le secteur privé, et nous saluons l’idée de la création d’une banque de technologie.

10. Mais l’approche adoptée dans le programme d’action d’Istanbul se fonde fortement sur le libéralisme économique reformulé autrement. Des approches axées sur le marché ont été remplacées par des approches secteur- entreprises privées. Le programme d’action réclame le déplacement des empêchements au secteur privé, sans identification que les gouvernements doivent régler pour protéger des ouvriers, des consommateurs, l’environnement et les communautés locales. La société civile accepte que le secteur privé puisse jouer un rôle utile, mais notre expérience prouve que plusieurs compagnies exploitent mal des minerais, des poissons et des forêts ; accaparent de terre et pillent les ressources et les vies des personnes locales ; des plantations de biocarburant qui ont détruit des forêts et des superficies agricoles ; dumping de nourriture qui a détruit les vies des fermiers ; et projets qui laissent les personnes locales sans l’eau avec un environnement pollué. Les intellectuels qui se sont réunis ici nous ont rappelés que les PMA ne doivent pas demeurer les pays les plus exploités.

11. Dans un certain nombre de secteurs, le programme d’action réclame aux finances publiques de soutenir le secteur privé sous les formes de garanties, de plans de promotion d’investissement et d’incitations. Mais ces subventions remettent l’argent public au secteur privé dans l’espoir que le marché fournira les avantages publics. Une expérience internationale avec des associations privées publiques démontre la nécessité d’éviter que le secteur public payentt les coûts tandis que les compagnies récoltent les bénéfices. Les fonds qui devraient aider à surmonter la pauvreté et l’injustice, y compris l’éducation, les soins de santé, l’eau et l’hygiène, les capitaux propres de genre, l’inclusion sociale et le développement de communauté sont détournés pour subventionner des compagnies. Il y a de placement excessivement insuffisant maintenant pour répondre aux besoins des pauvres en terme ressource, sans compter ceux qui sont détournés des donateurs et des gouvernements aux compagnies. L’expropriation de l’argent publique est inacceptable

12. Nous réclamons le consensus d’Istanbul pour constituer un rejet clair du consensus de Washington. La politique des gouvernements devrait être basée sur les stratégies de développement national participatives qui se concentrent sur les forces de la vision et du niveau de chaque pays. Nous devons les conditions pour l’usage soutenable de notre huile, notre richesse minérale, notre terre, nos forêts, nos poissons et d’autres ressources naturelles, protégeant les droits des propriétaires traditionnels et des utilisateurs des ressources, ajoutant la valeur et insistant sur des prix raisonnables. La diversification de nos économies exigera que nos gouvernements développent une économie domestique forte, avec l’emphase particulière de créer des opportunités pour des coopératives et des entreprises sociales, de petites et moyennes compagnies et des organismes femme-menés. Les droits des personnes vulnérables et marginalisées doivent être placés au centre de la prise de décision économique, avec des mécanismes plus forts pour la transparence, l’équité et la redevabilité.

13. En particulier, les PMA devraient développer un environnement soutenable et une stratégie équitable de croissance de la main-d’œuvre, qui crée un travail décent à un éventail de personnes, particulièrement un grand nombre de jeunes femmes hommes, avec possibilité d’acquérir de nouvelles qualifications et d’améliorer leurs vies. Les gouvernements de PMA devraient faire respecter et garantir des droites de travail de base, y compris la liberté d’association, et préparer des plans nationaux pour l’exécution du pacte global de l’OIT avec la participation significative des partenaires sociaux et des organismes représentatifs de société civile.

14. la croissance économique était une composante important des stratégies de développement des PMA dans le programme d’action de Bruxelles, mais les PMA participent toujours seulement à environ 1% d’exportations du monde. Il y a une décennie, il y avait un espoir de reforme du Commerce international avec le sommet de Doha. Mais le développent du Commerce International a été effacé de l’ordre du jour, et des négociations sont coincées en raison de la réticence des pays développés d’accepter de reformer les distorsions des échanges principales dans le système, notamment due aux règles injustes sur l’agriculture.

Danny SINGOMA K

Secrétaire Permanent du Réseau PRODDES Réseau Pour la Promotion de la Démocratie et des Droits Economiques et Sociaux (BUACO, CENADEP,CRAFOP, DIOBASS-KIVU, PREFED-RDC) Kinshasa - Rép. Démocratique du Congo

Tél : +243990023637 - +243818451405

proddesrdc@yahoo.fr

bosskabalob@yahoo.fr



 

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