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L’entreprise vestimentaire Grupo M poursuit ses pratiques antisyndicales

Posté le 16 novembre 2005 par Administrateur

Ecrit le 17 juin 2004

Après avoir tourné le dos aux tentatives de revendications du syndicat national haïtien Sokowa, la société dominicaine Grupo M a précipité une grève, imposé un lock-out et licencié plus de la moitié des employés de son usine de Ouanaminthe, fournisseur de jeans Levi’s. La Confédération internationale des syndicats libres condamne cette nouvelle offensive antisyndicale de la part d’une des principales sociétés de textile des Caraïbes et appelle la Banque mondiale à intervenir en faveur des travailleurs haïtiens licenciés.

Reaction internationale contre les atteintes aux travailleurs

Les événements des derniers jours ont suscité une vive réaction internationale contre l’entreprise dominicaine tristement célèbre pour ses atteintes systématiques aux droits des travailleurs. D’après Neil Kearney, secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), les travailleurs de la zone franche d’exportation de Ouanaminthe, située en territoire haïtien, protestaient " contre les traitements inhumains dont ils sont victimes, en ce compris la violence, le harcèlement, les pratiques dégradantes (notamment dans le cas de quatre dirigeantes syndicales déshabillées de force), les passages à tabac, les enlèvements et le non-paiement des salaires. "

L’usine de Ouanaminthe a été construite au moyen d’un prêt de USD $ 20 millions octroyé par la Société financière internationale (SFI), agence de la Banque mondiale chargée des prêts au secteur privé. La grève d’un jour organisée le lundi 7 juin avait débouché sur un accord entre Grupo M et Sokowa prévoyant la reprise du travail et le lancement de négociations en vue du traitement des griefs des travailleurs. Au lendemain de la conclusion de l’accord, Grupo M a imposé le lock-out des effectifs et annoncé par lettre la fermeture de l’usine de jeans de Ouanaminthe. Le mercredi 9 juin, la direction est revenue sur sa décision et a fait redémarrer la production. Deux jours plus tard, dans un nouveau " volte-face ", l’entreprise a annoncé la suppression de 254 postes. D’après Sokowa, toutefois, le nombre de travailleurs licenciés atteindrait 370, soit environ 60 pour cent de la main-d’œuvre.

Bien que Grupo M ait affirmé que ces licenciements étaient provisoires, il s’avère que la direction a simultanément poussé les travailleurs congédiés à accepter des indemnités de licenciement dont elle pourrait se servir comme prétexte pour rendre ces licenciements permanents. " Ils ont procédé au licenciement des travailleurs en représailles contre la grève organisée par ces derniers, et ont veillé à cibler leurs représailles de façon discriminatoire contre les dirigeants syndicaux. A une seule exception près, tous les membres du comité exécutif ont été licenciés ", a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CISL.

Bien que la SFI ait proposé de servir de médiatrice entre Grupo M et le syndicat, de telles tentatives risquent d’être vaines tant que les 370 travailleurs licenciés resteront sans emploi et dans l’incertitude la plus complète quant à leur réintégration éventuelle. La CISL a adressé une lettre au président haïtien par intérim, Alexandre Boniface, appelant ce dernier à exiger de Grupo M la réintégration immédiate des employés congédiés et le lancement de négociations en toute bonne foi avec le syndicat. La CISL a en outre appelé la SFI à bloquer le versement de son prêt à Grupo M jusqu’à la reprise de la production dans l’usine haïtienne.

Grupo M est un employeur particulièrement abusif sur le plan des droits des travailleurs.

D’après des renseignements recueillis par la FITTHC, Fernando Capellan, PDG de Grupo M, aurait commencé à menacer de procéder à des licenciements dès le 3 juin, soi disant parce que l’usine en question aurait subi plusieurs millions de dollars de pertes pour cause d’une productivité déficiente. Egalement le 3 juin, les gérants de l’usine ont " sommé quatre employées de comparaître dans un local connu en tant que " chambre noire ". Ils ont ensuite verrouillé la porte du local et posté des vigiles dominicains pour en bloquer l’accès. Les quatre femmes ont subi un interrogatoire de style policier, avec des armes braquées sur elles. Les interrogateurs leur ont arraché leur badge d’identification et leur chemise de travail, exposant leur poitrine. Au bout de près de deux heures, l’inquiétude s’est emparée de leurs collègues, qui se sont approchées de la porte et ont commencé à crier pour qu’on les laisse partir. Les vigiles ont alors appelé du renfort. Un camion plein de gardes est arrivé sur les lieux. Les agents ont pointé leurs armes vers les travailleuses en leur ordonnant de reculer derrière une ligne tracée au fusil. Une femme enceinte de quatre mois a été jetée à terre dans une mare de boue, la robe déchirée. "

D’après Guy Ryder, " la SFI doit impérativement intervenir pour s’assurer que ces travailleurs haïtiens, qui connaissent une situation désespérément précaire, récupèrent leur emploi aussitôt que possible et puissent travailler dans des conditions humainement acceptables. Compte tenu des obligations qui incombent à Grupo M suite à l’accord de prêt qu’elle a souscrit, il revient à la SFI de suspendre les versements du prêt en question jusqu’au jour où les travailleurs auront été réintégrés et un processus de négociation sérieux engagé avec le syndicat pour traiter les griefs des travailleurs. En janvier 2004, suite au dépôt de plusieurs plaintes par la CISL concernant des exactions commises par l’entreprise en matière de droits des travailleurs, la SFI avait convenu de soumettre l’octroi de son prêt de USD $ 20 millions à Grupo M à la condition sine qua non du respect de la liberté d’association et du droit de négociation collective de ses employés.

Bruxelles, le 17 juin 2004 (CISL En Ligne).

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