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APPEL A L’OCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME - 2007

Les Accords de Partenariat Economique (APE) sont une atteinte aux moyens d’existence des femmes africaines et une menace à leur paix, progrès et développement

Posté le 8 mars 2007 par PAPDA

Aujourd’hui, 7 mars 2007, marque 300 jours avant le délai pour la signature des Accords de Partenariat Économique (APE). Les APEs ont été introduits comme un élément principal des Accords de Cotonou signés en 2000 entre les 77 pays des régions d’Afrique, Caraïbe et Pacifique (ACP) et l’Union Européenne (UE). Destinés à ouvrir les marchés des pays des ACP et créer des conditions pour des investissements croissants, les APE créent un espace de libre échange ou les acteurs sont supposés échanger sur une base d’égalité économique après avoir supprimer les barrières commerciales.

Le problème avec les APE est qu’ils considèrent tous les pays comme des économiquement égaux, alors que les économies des pays africains elles-mêmes ne sont pas égales, sans parler des pays de l’Europe. Deuxièmement, il est anticipé que le jour ou les tarifs douaniers seront supprimés, l’UE aura pratiquement un accès non restrictif aux marchés des pays ACP - les inondant de produits d’importation moins chers qui vont concurrencer les industries locales qui ont du mal à se remettre des Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) et des conflits. Enfin, les pays africains et leurs peuples ont des solutions et une approche propres de leur développement qui est différent de ce qu’avancent les occidentaux à travers les Institutions Financières Internationales et des instruments tels que les APE.

Aujourd’hui nous manifestons notre inquiétude à propos des impacts prévisibles des APE sur la vie des femmes africaines. Demain, le 8 mars est la Journée Internationale de la Femme ou le monde entier commémore la lutte de femmes pour l’égalité, la justice, la paix et le développement. Les femmes africaines ont conquis par d’âpres luttes beaucoup d’espaces socio-économiques et politiques, et ces acquis doivent être consolidés en en même temps que continue la lutte pour les droits humains de la Femme. Nous devons réagir contre toutes politiques, structures, institutions, instruments et pratiques qui nient, régressent ou profanent ces droits. Les APE auront des impacts négatifs et douloureux sur les femmes africaines, leurs moyens d’existence et leur bien-être socio-économique.

Les femmes sont au coeur de l’agriculture en Afrique. En Afrique sub-saharienne, 70 a 80 % de la production alimentaire des ménages est attribué aux femmes et elles constituent 60% de la main d’oeuvre en agriculture. Les APE créeront une situation ou nos produits agricoles vont souffrir une compétition injuste avec les produits agricoles venant d’Europe qui sont subventionnés à un très haut niveau et ainsi coûtent moins chers. Ceci aussi permettra à l’Europe d’exporter ses surplus agricoles à bas prix et ainsi déstabiliser la viabilité de notre agriculture et nos industries de transformation des produits agricoles. Ceci provoquera aussi la faillite des économies rurales, une augmentation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire. Les APE affecteront l’agriculture en Afrique et sa capacité à nourrir sa population ; ceci affectera la plupart des moyens d’existence des femmes africaines et mettra davantage de pression sur leurs rôles en tant que femmes pour s’assurer que leurs familles sont nourries.

Supprimer les tarifs douaniers (taxes sur les importations) signifiera que les revenus des gouvernements africains seront gravement réduits, ce qui compromettra leur capacité a promouvoir des infrastructures, avancer le développement et faciliter le bien-être de leurs citoyens. La plupart des économies africaines dépendent de l’agriculture. Par conséquent, forcer les agriculteurs a abandonner la production agricole tuera le secteur agricole et affectera les revenus des pays et augmentera la pauvreté. Des revenus réduits pour les gouvernements signifient des conditions économiques plus difficiles pour les communautés, ainsi que cela a été vécu pendant la période des Programmes d’Ajustements Structurels. Pendant cette période, les femmes ont souvent supporté les conséquences de ces ajustements. Elles absorbent les chocs causés au bien-être des ménages et de la communauté en subventionnant le gouvernement par l’allongeant de leur durée de travail déjà énorme, souvent au détriment de leur santé et nutrition.

Nous sommes aussi préoccupés que malgré tout cela, les femmes sont souvent absentes des plateformes politiques et des décisions qui commandent l’agenda de la souveraineté alimentaire de leur pays et même les aspects des politiques étrangères et de commerce qui gouvernent les accords de partenariat bilatéraux ou multilatéraux, dont les APE. Des telles règles globales ont réduit les pouvoirs des gouvernements et usurper leur capacité a accomplir leurs obligations pour leurs citoyens. Les gouvernements africains, hommes et femmes, ont depuis réalisé que les initiatives et politiques globales non instruits par leurs expériences peuvent changer le statut économique, social et même politique, au point de déterminer s’il y a à manger sur la table, quelle sorte de nourriture et en quel quantité.

Notre appel à nos leaders africains et personnes en position de décision est qu’ils doivent donner la prioritaire à nourrir les citoyens avant de produire des cultures de rente (non alimentaires) ou de mettre notre production alimentaire sur le marché pour le commerce. La terre pour la production de nourriture pour les citoyens doit être primordiale par rapport à la terre pour la production des cultures de rente. Notre appel à nos gouvernements est qu’ils doivent arrêter les négociations des APE et s’engager dans la poursuite de politiques autonomes et déterminées qui répondent aux droits humains, socio-économiques et des besoins moyens d’existence de notre peuple.

L’Afrique doit donner la priorité au commerce intérieur régional et continental avant le commerce avec d’autre continents

Le thème de la Journée Internationale de la Femme pour 2007 est de mettre fin a l’impunité pour la violence contre les femmes. Selon le Protocole de l’Union Africaine sur la Charte Africaine des Droits Humains des Femmes (2003), la violence contre les femmes signifie « tous actes commis contre les femmes et qui leur causent ou pourraient leur causer des séquelles physiques, sexuelles, psychologiques et économiques...incluant y compris la privation de libertés fondamentales dans la vie privée ou publique ». Le même protocole affirme aussi les droits de femmes africaines à participer à la politique et à la prise de décision dans les politiques de l’état et les programmes de développement, les droits sociaux et de bien-être, le droit à sécurité alimentaire et le droit au développement durable qui obligent les états africains à s’assurer que les effets négatifs de la globalisation et tous les effets adverses de la mise en oeuvre de politiques et programmes commerciaux et économiques sont réduits au minimum pour les femmes. Les APE sont une atteinte aux moyens d’existence des femmes africaines et une menace à leur paix, progrès et développement, et par conséquent une infraction au Protocole de l’UA sur les Femmes.

Nous faisons des lors appel à toutes les femmes africaines et les hommes, les avocats des droits de femmes et les activistes, les organisations des Droits de l’Homme, les gouvernements africains et les institutions, pour s’ARRÊTER, REFLECHIR et RÉSISTER aux APE. Nous faisons aussi appel aux membres de l’Union Européenne pour qu’ils se rendent compte de ces impacts négatifs des APE sur le développement de l’Afrique et des africain et plus spécifiquement sur les femmes. Le mal peut être involontaire mais il n’est pas moins réel. Ils doivent agir maintenant pendant la période de négociation à repenser les conditions néfastes que la Commission Européenne est en train de mettre en place.

Lisez la version originale du texte ici :

PDF - 61.5 ko
Declaration des femmes sur les APE

Ou consultez le site internet suivant : http://www.stopthinkresist.org



 

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