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ZLEA, le déguisement de l’annexion

Histoire de l’integration economique des Caraibes

Posté le 16 novembre 2005 par Administrateur

Ecrit le 6 mai 2004

Dans les derniers temps on a beaucoup discuté sur l’intégration, les accords commerciaux et l’unité régionale dans différents espaces géographiques de la planète. On peut affirmer que la région des Caraïbes a été une des premières à rechercher l’unité et l’intégration, comme elle a démontré, historiquement, un profond sens d’appartenance á cet aimé espace des Caraïbes.

Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, différentes tentatives réalisées á travers les ages - certaines ont échoué et d’autres ont eu des résultats de niveaux différents - rendent compte de cet effort intégrateur, comme la fondation en 1958 de la Fédération des Indes Occidentales. Cet effort infortuné à cause, notamment, du manque d’indépendance des territoires des Caraïbes a empêché la réalisation d’une intégration économique réelle ainsi que la concrétisation des liens nécessaires d’échange culturel, d’information et de mouvement parmi les territoires.

Néanmoins, l’instauration en 1967, de la Région des Caraïbes du libre commerce (CARIFTA), et de l’institution á 1974 du CARICOM, ainsi que la création de l’Organisation des États des Caraïbes orientale, ont été les tractions indispensables vers le chemin de l’unité et la défense des authentiques intérêts des nations des Caraïbes.

Bien que CARICOM n’a pas pu obtenir jusqu’aujourd’hui la pose réelle d’un marché commun, ainsi qu’une intégration productive et monétaire dans la région, il a été capable, cependant, d’esquiver chaque crises qu’il a dû affronter, en gardant toujours haut le sens d’unité de ses intégrants et son esprit d’aptitude et d’appartenance aux Caraïbes. Á ces actions, on remarque des attitudes courageuses prises par les États des Caraïbes pendant des années, aux moments de prises de décisions en termes de politique internationale, ce qui a amené la possibilité de renforcer le sentiment intégrationniste des Caraïbes à partir de la création d’un projet plus large comme l’Association des Etats des Caraïbes ; dont Cuba est membre fondateur, malgré les pressions exercées par le puissant voisin du Nord.

Les Etats-Unis, de son coté, a nourrit des ancestrales doctrines qui sont contenues dans la doctrine Monroe : « L’Amérique pour les américains » - bien sûr, on voulait dire, pour les nord-américains-, comme le démontre de façon si précoce en 1857, la phrase célèbre de James Buchanan, président à cette époque-là : “L’expansion des Etats-Unis sur le continent américain, depuis ‘Arctique jusqu’a l’Amérique du Sud, c’est la destination de notre race et rien ne peut l’arrêter”.

C’est dans le cadre de cette culture hégémonique que le puissant pays du Nord a lancé des initiatives différentes, selon la conjoncture internationale ou régionale de chaque moment historique, comme en 1960, quand à cause de l’influence de la Révolution Cubaine, le président J. F. Kennedy a lancé l’Alliance pour le progrès. Cette alliance n’a été ni un véritable alliance ni a conduit au progrès promis.

De même, dû notamment au contexte d’Eric Garay à Grenade, au triomphe de la révolution Sandiniste au Nicaragua, à l’essor du mouvement révolutionnaire en Amérique Centrale et à cause du prestige et de l’augmentation des rapports de Cuba dans la régions, qu’a surgit l’initiative pour le Bassin des Caraïbes (CBI). Cette initiative promulguée par l’ancien président des Etats- Unis, Ronald Reagan, de manière hypothétique, plaidait en faveur de la croissance á long terme et autosuffisante ainsi que l’élargissement de la capacité de production et d’exportation de la région. Néanmoins il est connu que l’objectif réel - en plus d’établir un mécanisme contre insurgé dans la région - c’était de contribuer á donner une nouvelle dimension à la présence des Etats-Unis, et d’élargir les bases pour permettre la plus large entrée du capital nord-américain dans la région.

Comme résultat de cette initiative on a promu une transformation de l’structure d’exportation dans la région des produits d’intérêts pour les Etats-Unis. On a profité la proximité de ce pays, les avantages fiscaux, les bas coûts du travail, tout ce qui a amené á l’augmentation de l’intégration de plusieurs pays importants de la région des Caraïbes au marché des Etats-Unis.

Cependant, en termes de développement économique et social, cette initiative n’a pas eu la répercussion positive promise, puisque n’a pas pu éviter la vulnérabilité des économies des Caraïbes. Cette initiative augmente les productions et les exportations de certains produits d’intérêt pour le marché des Etats-Unis, au détriment des traditionnels, ceux qui entre 1983 et 1990 ont diminué 70%. La triste réalité montre que la croissance des exportations ne compense pas la perte produite, donc qu’on peut constater que dans cette période-lá les exportations totales des Caraïbes vers les Etats-Unis ont diminué 36%.

Aussi on doit ajouter, que les Etats-Unis ont perdu l’intérêt, par rapport aux Caraïbes, à partir de la disparition du champ socialiste européen. Alors, les Etats-Unis ont commencé à développer le TLC avec le Canada et par la suite le NAFTA avec le Canada et le Mexique.

En 1990 le Département du Commerce des Etats-Unis signalait qu’avec la mise en vigueur du TLC, 60% des exportations des pays de l’ICC (Initiative pour le Bassin des Caraïbes) affronteraient de grands désavantages concurrentiels et commerciaux. Tout cela devient une triste réalité quand on voit les grandes pressions auxquelles ont été soumis les pays des Caraïbes. Certains pays des Caraïbes, ont subi la fermeture lente de celle industrie textile, qui a eu sa vigueur á convenance des Etats-Unis avec la CBI, étant témoin, en même temps, de la diminution du PIB, de l’augmentation du chômage, de la criminalité, du déficit budgétaire et du paiement incessant des services à cause de la dette.

Comme partie de cette brutale doctrine de pénétration et de prédominance, pendant les dernières années, nous avons subi un brutal bombardement rhétorique des bontés que nous offre la nouvelle proposition annexionniste aux Etats-Unis, par exemple : la Zone du libre commerce des Amériques, par laquelle tout l’immense fardeau de sous-développement et d’inégalités qu’affrontent les nations latino-américaines et du Caraïbe seraient résolus, fondés sur l’application rigoureuse des mécanismes merveilleux du marché et des soi-disant règles de “réciprocité” entre des nations qui portent des énormes inégalités.

Mais les nations des Caraïbes, ont déjà assez d’expérience concernant des fausses promesses, les rêves que les Seigneurs du Nord, généralement, nous vendent, ainsi que des véritables intentions qui se cachent derrier ce langage édulcorant.

Il suffit de se rappeler de l’entretien, que l’ancien président William Clinton a eu avec les leaders des Caraïbes à Barbade. Dans cette réunion, a été adoptée la Déclaration de Bridgetown ou l’Association pour la Prospérité et la Sécurité des Caraïbes. Mais elle n’a pas été une véritable association, ni a réussi la prospérité, et par la suite, le si vanté entretien du Secrétaire d’Etat Colin Powell avec les leaders des Caraïbes, à Bahamas en 2002 - l’entretien a eu une durée de 2 heures- a roulé sur les thèmes de l’agenda nord-américaine comme : la sécurité, le trafic de stupéfiants, le lavage d’argent et l’exode illégal, en laissant de coté les sujets d’intérêt pour les Caraïbes.

Il est frustrant de voir comme les Etats-Unis exigent aux Caraïbes, de mettre fin á l’exode illégal, pendant qu’il se refuse à donner de fonds pour la subsistance au pays le plus pauvre du continent, l’Haïti. De la même façon, les Etats-Unis, ferment ou obstaculisent les exportations de certains produits provenant des Caraïbes, ainsi qu’ils réalisent des réclamations légales devant l’OMC, contre le traitement préférentiel qui donne l’Europe à l’exportation de la banane des Caraïbes, endommageant, de cette manière, les économies de plusieurs pays de la région.

Il a été démontré que le véritable objectif de la ZLEA, c’est d’assurer la domination absolue des Etats-Unis, dans toutes les branches, sur les pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est aussi une manière de se mettre au courant de la concurrence féroce á l’égard d’autres blocs économiques - comme l’Union Européenne et le Japon - moyennant le contrôle absolu de nos marchés, pouvant fermer ces marchés à d’autres blocs ou pays.

Il faut avoir en compte que les Etats-Unis produisent 12% du pétrole mondial el ils consument 25% de ce pétrole ; il compte sur de réserves que pour 10 ans. Les Etats-Unis connaissent que l’Amérique Latine et des Caraïbes produisent 15% du cru mondial et ils comptent sur 11 % des réserves d’hydrocarbures dans le monde.

On doit aussi connaître que dans notre région, on trouve la troisième partie du potentiel d’eau potable mondial, ainsi que 40% des ressources de biodiversité de la planète, ce qui est trop attrayant pour la voracité des grandes transnationales de la pharmacie et la biotechnologie.

Alors, la ZLEA assure aux Etats-Unis le contrôle absolu des réserves énergétiques fluviales et de biodiversité de notre régions.

Un des arguments présentés par les Etats-Unis, pour convaincre á nos peuples et nos gouvernements, des bontés de ce sorte de traités, c’est le Traité du libre commerce de l’Amérique du Nord (NAFTA , sigle en anglais). Traité signé par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique et qui a été mis en vigueur en 1994.

Quand on étudie les résultats cumulés jusqu’aujourd’hui par ce traité - que c’est le modèle á suivre par la ZLEA- on voit que dans le domaine social et de travail, il a eu des impacts négatifs pour les trois pays, mais notamment, pour le Mexique, il a été désastreux.

Tout cela a fait que l’économie dépends, presque complètement, des Etats-Unis, puisque vers ce pays sont adressées 90% des exportations mexicaines. De son côté, le Mexique, reçoit 80% de ses importations des Etats-Unis.

Bien qu’on a réussi à créer une certaine quantité d’emplois dans la zone de sous-traitance - où parfois les conditions de travail sont inhumaines, n’existe plus la protection sociale ni les droits et les travailleurs subissent tout sorte d’empiètement - de milliers d’emplois ont disparus à cause de la faillite de milliers de petites et de moyennes industries nationales, ce qui a donné comme résultat l’augmentation générale du chômage, du sous-emploi et de la déprotection.

On allègue, que l’exportation a augmenté à partir du TLCAN ou du NAFTA, mais on ne dit pas que ces exportations sont faites par une certaine quantité d’entreprises. La plupart de ces entreprises appartient aux filiales transnationales des Etats-Unis. Alors, seulement 4% des exportations appartient à la production mexicaine, pendant que le contenu national de la production manufacturée atteint que 2%. Ça veut dire que la répercussion sur l’économie nationale est minimale.

D’un autre côté, - ce qui es très important pour les petites économies des Caraïbes- la répercussion négative du TLCAN sur le secteur agricole mexicain a été néfaste. Des produits comme du riz, du mais, de pomme de terre, du coton, qui garantisaient la demande interne, aujourd’hui ces sont de produits importés ce qui a provoqué le déplacement de millions de travailleurs agricoles mexicains qui cherchent d’emplois.

Les clauses du NAFTA - qui seraient présentés dans le projet de la ZLÈA- remarquent que les gouvernements, pour faire ses achats communs, doivent choisir des entreprises qui portent plus d’expériences et de chiffres d’affaires, par-dessus des entreprises nationales. Cela signifie le privilège que pour les grandes entreprises des Etats-Unis. Il faut savoir que d’autres clauses concrétisent le droit des grandes entreprises d’intenter une action légale devant les gouvernements si elles pensent qu’il existe une mesure nationale qui va contre leurs intérêts ou leurs profits. De cette façon on perd une grand partie de la souveraineté et de l’autonomie des Etats nationaux, en faveur de son industrie ou e son économie....

Pendant que les aspects sur la privatisation des services publics et de la libéralisation agricole qui devraient appliquer les nations latino-américaines et des Caraïbes sont compris dans le projet de la ZLÈA, les Etats-Unis continuent à donner, de plus en plus, des allocations à leurs grandes entreprises de production agricole. Ces allocations, fondées sur son loi agricole de l’année 2002, atteignaient la chiffre astronomique de 180 milliards de dollars.

Tout cela, nous fait constater que si le projet de la ZLÈA se concrétisait, le résultat inévitable de l’entrée massive des produits provenant des grandes entreprises transnationales et de l’agriculture hyper technique et subsidiée pour les petites économies des Caraïbes, seraient la cause principale de l’effondrement total de l’agriculture et de l’industrie nationale en face de cette concurrence si déloyale.

C’est, notamment, par la connaissance qu’ont les organisations syndicales et parlements sociaux des termes exprimés dans le projet de la ZLÈA - les discussions sur ce projet s’ont fait en cachette pendant longtemps, encore par-derrière les gouvernements nationaux- ainsi que par sa similarité avec tout le négatif de son antécesseur immédiate, le TLCAN, que les larges réseaux des organisations d’indigènes, de syndicalistes, de paysans, de citoyens, de l’environnement, de religieux, de noirs, de femmes, de défenseurs des droits humains, d’artistes, d’ intellectuels, de jeunes, de parlementaires et d’autres, se sont rassemblés à La Havane, dans la IIe Rencontre hémisphérique de lutte contre la ZLÈA, en novembre, 2002 . ces organisations ont qualifiés le projet de la ZLÈA comme un « traité supranational » qui condamne à la pauvreté aux secteurs le plus larges de la population, tant au Sud qu’au Nord. Un projet qui par-dessus des Etats et des peuples, donne les droits aux corporations transnationales. Un projet qu’offre, sans discrimination, nos ressources naturels, productifs et humains au pillage démesuré, en sacrifiant toute possibilité de développement souverain de nos nations, dans ce qui pourrait être une nouvelle étape de colonisation et d’annexion de notre Amérique pour le pouvoir politique, économique et militaire des Etats-Unis.

Aujourd’hui, plus que jamais, les signaux dans cette lutte sont encourageants. La résistance se renforce et on obtient des réussites.

Une nouvelles situation a surgit en Argentine -la meilleure démonstration de l’échec des politiques néolibérales dans le continent et le miroir où ils souhaitent qu’on se regarde pour l’imposition de la ZLÈA - qui a devenu symbole d’échec du projet et du modèle.

D’importants pays latino-américains mettent en question le projet de la ZLÊA et ils parient au renforcement des mécanismes d’intégration autochtone. Comme condition indispensable pour une autre proposition, fondés toujours sur le respect à la souveraineté latino-américaine et des Caraïbes et aux intérêts de nos peuples.

C’est un moment de lutte contre l’actuelle tactique de proposer de traités et d’accords bilatéraux et sub-régionaux qui minent la capacité de résistance régionale et imposent la domination pas à pas. Dans sa place, on doit proposer la construction d’alternatives pour l’intégration des peuples, véritablement justes, équitables et soutenables.

Ce large forum des Caraïbes, qui a comme prédécesseur les grandioses journées de luttes déroulées en différents pays et qu’ont été débattues aux différentes convocations du Forum social en défense de nos ressources, de la santé, de l’éducation et de la sécurité sociale. C’est pour cela que les analyses, l’appel et l’stratégie de lutte adoptées par des centaines de participants dans la Rencontre contre la ZLÈA, tenue à La Havane, devraient être adoptées comme conclussions de cette rencontre des Caraïbes pour continuer à favoriser la réelle conversion de notre Caraïbe en véritable zone de paix, de souveraineté, d’équité, d’unité et de développement.

Par : Manuel Montero



 

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