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Privatiser le sujet collectif ou lutter pour la formation du citoyen intégral ?

Une étude-analyse commanditée par la PAPDA et réalisée par le professeur Jean Anil Louis-Juste

Posté le 7 mars 2006 par Ricot Jean Pierre

Dans le but de relancer le débat sur la privatisation des services sociaux de base en Haïti, au cours de l’année 2005, la PAPDA a commandité une étude-analyse sur le secteur éducatif réalisée par le professeur Jean Anil Louis-Juste. Sous la base du rapport préliminaire de l’étude titrée : ZLEA et Éducation : « Privatiser le sujet collectif ou lutter pour la formation du citoyen intégral ? » un ensemble de débats, d’ateliers et de focus-groupes doivent avoir lieu au cours de la deuxième trimestre de l’année 2006. Nous vous présentons ici la préface du texte, rédigé par le professeur Norbert Stimphil, Maître en Education, Syndicaliste.

Le rapport final, après débats, ateliers et focus-groupes, devra être constitué en un document de proposition d’alternatives populaires à la privatisation de l’éducation en Haïti car aujourd’hui plus de 80% de l’offre scolaire est privée réduisant ainsi l’accessibilité des couches défavorisées aux services scolaires. Il sera acheminé aux instances gouvernementales et parlementaires pour pouvoir contribuer à la redéfinition de la politique publique en matière d’éducation dans le pays.


ZLEA et Éducation : Privatiser le sujet collectif ou lutter pour la formation du citoyen intégral ?

PREFACE

Dans un monde privé, privatisé et privatiste, comme on pourra le comprendre à travers ce texte du professeur Jean Anil LOUIS-JUSTE, l’Education est l’enjeu le plus important. Dans les pays du sud, nous sommes encore en train de poser le problème de l’accès à l’Ecole ; ceci représente une insulte à la dignité humaine dont la responsabilité incombe à la mauvaise gestion de nos pays par les politiciens, avec la complicité des représentants du capital qui, vraiment, exagèrent dans leur agressivité. Ces dernières années, on a observé une aggravation de cette agressivité du fait que le capitanat des représentants du capital est assuré par un illettré. Mais le grand problème reste la qualité de l’Education qui devra être résolu à partir d’une Ecole alternative.

Le problème de la qualité de l’Education n’est pas arrivé par hasard. On sait tous que les êtres humains sont égaux à la naissance et qu’ils disposent tous de capacités psychiques supérieures que l’Ecole aide à développer. Mais le mécanisme de fonctionnement du Capital est justement la création de fossés entre les individus pour en faire deux grandes catégories (avec évidemment des sous catégories) : les Producteurs de Biens et Services dont le nombre des représentants doit être de plus en plus restreint (ce qui explique la logique des multinationales) et les consommateurs de ces marchandises qui doivent nécessairement croître en nombre d’année en année. Le Capitalisme est donc par essence le système social qui engendre nécessairement des inégalités sociales. Les politiques néolibérales, les programmes d’ajustement structurels ne sont que des outils au service de ce système. C’est pourquoi à la fin du 20ème siècle, les seuls pays du sud qui ont enregistré des progrès socio-économiques sont ceux qui avaient boudé ces genres de politiques et programmes, tels l’Inde et la Chine par exemple. Ces pays avaient opté pour d’autres alternatives. En Haïti, si la PAPDA a été écoutée par nos politiciens, nous ne serons pas actuellement en train de gémir dans le chaos de la politique d’exclusion sociale appliquée par les gouvernements Militaro-Aristido-Préval-Latortue.

Pour le Capital, l’Education se présente comme un enjeu de taille, et ceci à double titre : premièrement, il s’agit de conditionner les citoyens, les façonner de telle sorte qu’ils pensent, agissent, réagissent et rêvent en fonction des besoins du Capital pour s’assurer de l’hégémonie, de la pérennité et de l’efficacité du système. Deuxièmement, compte tenu du nombre d’individus qui sont concernés par l’éducation, le Capital tient à la transformer en service de consommation pour pouvoir, d’une part, en tirer profit et de l’autre, priver l’accès à un certain niveau d’éducation aux individus qui sont appelés à travailler dans la sous-traitance, à ceux qui doivent rester dans le chômage (ce qui augmente la pression sur ceux qui travaillent esclavagistement parlant, et diminue leur capacité d’organisation et de négociation pour de meilleures conditions de travail). Quant à ceux qui sont destinés à travailler comme cadres dans les entreprises du Capital, ce dernier cherche à miner leur capacité de réflexion par une éducation orientée, au rabais, donc de mauvaise qualité, par l’occupation programmée de leur temps pour éviter la remise en question du système.

Dans les quartiers pauvres des Etats-Unis d’Amérique, les écoles publiques sont de très mauvaise qualité du point de vue organisationnel (sans même parler de la mauvaise qualité des programmes et des méthodes). C’est déjà là une invitation aux parents qui ont la possibilité de le faire, à mettre leurs enfants dans des écoles privées qui coûtent d’ailleurs très cher. Ces parents donnent donc leur sang au Capital pour une rémunération qui lui est tout de suite rendue à travers les services d’Education privatisés. Parmi les Pays enrichis, les USA représente celui qui accuse le taux d’illettrisme le plus élevé, environ 30%. Cela est dû justement au fait de l’expérimentation de la privatisation de l’Education dont la qualité est rabaissée au simple niveau des besoins du Capital. Depuis environ un quart de siècle, les représentants du Capital cherchent à imposer à nos petits Pays appauvris, des réformes dans leur Système Educatif, pour les adapter aux exigences de la privatisation et du conditionnement de l’individu. Ici en Haïti, ils n’ont pas eu de peine à s’imposer : aucune résistance de la part des dirigeants du pays actuels ou passés, malgré la lutte incessante menée par les syndicats d’avant-garde du secteur tel l’UNNOH. D’ailleurs, les représentants de ces représentants-là siègent directement au Ministère de l’Education Nationale pour s’assurer que leurs dictées soient bien suivies. Ils dirigent entre autre le MENJS par l’intermédiaire de projets déconcentrés qui représentent pratiquement les principales activités du Ministère. Ils décident d’éliminer des matières au niveau des évaluations officielles, de mettre d’autres au tirage au sort. Ils décident de l’importance des matières, de la place à accorder à chacune d’elles, des manuels et du matériel pédagogique en général qui doit être utilisé. Bref, ils sont les seuls seigneurs du système et ils s’arrangent pour donner l’impression aux dirigeants nationaux-antinationaux que ce sont eux qui dirigent.

Il ne faut pas oublier que le capital a les moyens de sa politique. Il se paie les femmes et les hommes les plus intelligents du monde pour définir en laboratoire, les stratégies les plus agressives pour atteindre ses objectifs. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la ZONE DE LIBRE ECHANGE DES AMERIQUES (ZLEA). Elle rejoint les autres stratégies de globalisation et de mondialisation antérieurement développées par le Capital. Dans son volet Educatif, la ZLEA entend privatiser l’intelligence et la conscience du citoyen, pour faire de ce dernier, un éternel consommateur des services offerts par le Capital. Comprendre les Stratégies du Capital n’est pas chose facile, puisqu’il agit avec beaucoup d’astuce, de dextérité et d’intelligence. Ce texte d’analyse et de proposition du professeur Jean Anil LOUIS-JUSTE vient mettre à nu le plan qui est concocté contre l’Education vraie, celle qui est libératrice et désintéressée, celle qui élève l’homme à sa vraie dimension, celle qui maintient et entretient l’égalité entre les individus. Priver quelqu’un d’une éducation de qualité, c’est lui ôter la possibilité de vivre pleinement sa nature d’homme ; c’est le chosifier.

A travers ce texte, le professeur LOUIS-JUSTE a fait preuve d’une intelligence très fine : il a pu développer ses capacités psychiques supérieures, comme dirait Lev S. Vygotsky, pour bien comprendre toutes les astuces utilisées par le Capital pour nous asservir, et les mettre à la portée du commun des mortels. On a tendance à se demander comment une telle intelligence n’est-t-elle pas au service du Capital ? Cependant, Haïti est bien connue pour sa Capacité de résistance. En réalité, les vraies intelligences comme l’auteur de ce texte, qui est professeur à la Faculté des Sciences Humaines (FSH) et à l’Institut National de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI), ne peuvent pas être réduites au niveau de marchandise. De ce fait, elles demeurent, malgré vents et marées, des êtres qui pensent librement et qui tendent vers le progrès. Ils ne peuvent donc pas être au service du Capital. Ils sont au service de leur conscience, de la moralité, de l’honnêteté, de la vérité ; ils sont au service de l’homme, de l’universalité. De tels hommes, à l’image d’Ignacio Ramonet, du grand Ché Guevara par exemple, nous en connaissons au niveau de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), à l’Association Nationale des Agro-professionnels Haïtiens (ANDAH), à l’Union Nationale des Normaliens d’Haïti (UNNOH), entre autres. Le seul but de ces hommes-là, est de servir de lanterne pour éclairer les masses et leurs leaders, de telle sorte qu’ils prennent en main, et de manière conséquente, leur propre destin.

Ce travail du professeur Jean Anil LOUIS-JUSTE commandité par la PAPDA, je le qualifie d’espoir pour Haïti et pour les autres Pays Appauvris qui sont en train de l’être encore plus aujourd’hui. Ce texte peut permettre à tout un chacun de comprendre l’enjeu que représente l’Education aujourd’hui ainsi que les raisons pour lesquelles on doit opter pour L’ECOLE ECOLOGIQUE DE CITOYENNETE PLEINE. Face à cette dernière vague d’agression du capital qui entend privatiser l’Education et les Individus à travers la ZLEA, notre seule planche de salut est une Ecole Alternative. Le Président étasunisien (il faut toujours le désigner par son vrai nom puisque le terme américain désigne tous les habitants du continent ; c’est de l’arrogance de vouloir se l’approprier), président du pays le plus enrichi au monde, n’a aucune pitié pour son très petit voisin Haïti, pays le plus appauvri du continent. C’est donc à nous et à nous seuls, avec la collaboration Sud-Sud, bien entendu, de construire nos propres alternatives.

Aujourd’hui en 2005, la situation de l’Ecole Haïtienne s’est aggravée. Selon la dernière enquête réalisée en 2003 par le Ministère de l’Education Nationale et dont les résultats viennent tout juste de paraître, l’Ecole est privatisée en Haïti à 92% avec une aggravation importante des problèmes de qualité, antérieurement dénoncés. Ceci est le résultat du travail de l’Internationale Communautaire à travers ses institutions financières telles la Banque Mondiale (BM), le Fonds Monétaire International (FMI). C’est pour moi l’occasion d’inviter chaque citoyen intéressé par la problématique du développement endogène durable de notre chère Haïti, à chercher à approfondir le contenu de l’ECOLE ECOLOGIQUE DE CITOYENNETE PLEINE et à adhérer à cette alternative qui fait renaître l’espoir. Tous ensemble, disons non à la privatisation du sujet collectif. Engageons-nous dans la lutte pour la formation du citoyen intégral.

Norbert STIMPHIL

Maître en Education, Syndicaliste



 

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