PAPDA

Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif

   


Home - Démocratie participative - Crises politiques

Les indignés haïtiens aussi prennent la rue

15 janvier par Iolanda Fresnillo

Posté le 3 mars 2014 par PAPDA

La grogne monte à Haïti. Les manifestations se multiplient : contre la corruption du gouvernement et le déficit démocratique, contre les conditions de travail, la hausse des prix, la paupérisation de la majorité de la population. Depuis Haïti, Yolanda Fresnillo livre un récit de ces protestations, sur fond d’intérêts électoralistes de la classe politique.

Vendredi 29 novembre, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Port-au-Prince pour commémorer le massacre du 29 novembre 1987. « Un an après le départ de Duvalier |1|, des macoutes |2| ont ouvert le feu sur les citoyens rassemblés dans un bureau de vote à Port-au-Prince » |3|. La manifestation, convoquée par les partisans d’Aristide |4|, se dirigeait vers l’ambassade étasunienne, l’édifice diplomatique le mieux protégé de Port-au-Prince, pour dénoncer la connivence entre l’administration Obama et Martelly. « C’est seulement avec une note de l’ambassade américaine que Michel Martelly est arrivé au pouvoir ». La manifestation pro-Aristide fut fortement réprimée, dispersée par des grenades lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchouc. Comme lors de la manifestation du 18 novembre. Ou presque, car le 18 novembre, les affrontements opposaient principalement les manifestants pro et anti-Martelly. Des manifestations au premier abord citoyennes mais sous l’influence des partis au pouvoir et de l’opposition, dans une période pré-électorale.

En effet, le gouvernement doit convoquer des élections sénatoriales. Le Sénat doit être renouvelé par tiers tous les deux ans. A la fin du mandat d’un tiers des sénateurs, le gouvernement n’a pas convoqué d’élections, tandis qu’un 2ème tiers voit son mandat arriver à terme. Si le président ne convoque pas d’élections pour renouveler le Sénat, celui-ci sera inopérant, laissant au gouvernement la possibilité de gouverner par décret, d’approuver des lois controversées telles que la future loi minière et la réforme du travail. L’opposition appelle à des élections dont personne ne sait quand elles se tiendront et utilise la colère de la population pour faire pression sur le gouvernement.

Deux jours auparavant, le 27 novembre, alors que nous quittions Port-au-Prince par la zone où se concentre la majorité des universités, nous sentons ce picotement, devenu familier, aux yeux et à la gorge. La police réprime une manifestation étudiante. Une autre manifestation ? demandai-je innocemment. On me répond : Il y en a presque tous les jours. En effet, j’avais été témoin la veille d’une manifestation pour un salaire minimum |5|.

Le pays est ainsi traversé de protestations mais dans un contexte très marqué par les intérêts politiques et électoralistes. Tous les mouvements sociaux n’appuient pas toutes les mobilisations. Il faut veiller à bien savoir à qui tu accordes ton soutien. Et le labyrinthe politique haïtien est complexe.

Manifestation du 18 novembre

Le 18 novembre des milliers d’Haïtiens ont gagné les rues de Port-au-Prince et d’autres villes importantes du pays comme Les Cayes et Cap Haïtien. La revendication principale : la démission du gouvernement de Martelly. La réalité qui la sous-tend : des inégalités criantes, un gouvernement corrompu, une paupérisation de la majorité appauvrie, un divorce entre cette partie de la population et le gouvernement. Les indignés haïtiens prennent aussi la rue.

A deux ans et demi de son élection, Martelly est perçu par une bonne partie de la population comme un corrompu aux tendances autoritaires, qui gouverne avec et pour l’élite du pays. Avec le soutien des États-Unis et de l’Europe, Martelly s’est imposé lors d’élections non exemptes de polémiques où la participation n’a pas même atteint 30%. Malgré les pressions exercées par les Nations unies elles-mêmes |6|, son gouvernement n’a pas présenté le budget 2014 et postpose depuis un an et demi les élections partielles du Sénat, prétextant la promotion d’une nouvelle loi électorale. La ’Communauté internationale’ est à nouveau préoccupée par la stabilité à Haïti |7| tandis que Martelly et ses hommes semblent davantage préoccupés de se maintenir au pouvoir.

En mai dernier, le Sénat a voté une résolution en faveur du retrait de la MINUSTAH (les Casques bleus) d’Haïti. Cependant, le 11 octobre, le Conseil de Sécurité de l’ONU a renouvelé pour un an la présence des militaires étrangers (comme il fait depuis le coup d’État contre Aristide en 2004) afin de « maintenir la stabilité et la paix dans le pays », à la demande, dit-il, du gouvernement, qui semble être le seul à vouloir de ces forces d’occupation dans le pays.

Au niveau économique, les Haïtiens ne voient pas les fruits des milliards que la ’coopération internationale’ a destiné à Haïti (du fait de l’incompétence institutionnelle ou de la coopération internationale elle-même). « Le dernier budget prévoyait des coupes de 30% dans la santé, 20% dans l’agriculture et 30% dans l’éducation tandis que le budget du Palais National augmentait de 300% » relève Vicent Martelly, directeur de Oxfam à Haïti. La paupérisation massive de la majorité de la population (70% de la population, près de 7 millions de personnes, sont en situation d’insécurité alimentaire), la banalisation de la corruption et l’accumulation de richesse par quelques-uns attisent les protestations, qui semblent être instrumentalisées par l’opposition politique.

Les manifestations ce 18 novembre à Cap-Haïtien ont tourné à l’affrontement avec la police |8|. Des journalistes locaux ont dénoncé avoir été attaqués par la police et par des manifestants pro-Martelly et qu’un manifestant a reçu un tir à balle réelle. Certaines sources font état de 5 blessés |9|. A Port-au-prince, la police a dispersé la manifestation, forte de 10 000 personnes, alors qu’elle se dirigeait vers Pétion-ville, le quartier riche où réside le président |10|. Les gaz lacrymogènes, les sirènes, les jets de pierres et de bouteilles à la police par certains manifestants, ont entravé la relative tranquillité de Pétio-ville, qui contraste avec le reste de la ville et particulièrement avec les bidonvilles qui l’entourent.

Les manifestions du 18 novembre coïncidaient avec la commémoration de la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803, lors de laquelle l’armée haïtienne, avec à sa tête Dessalines, mit en échec les forces de Napoléon, et à l’issue de laquelle l’indépendance d’Haïti fut proclamée (rappelez-vous, premier pays libre d’Amérique latine |11|, peuplé d’esclaves qui se sont libérés eux-mêmes). La Force patriotique pour le respect de la constitution (FOPARC), une organisation pro-Lavalasse (le parti de l’ex-président Préval) qui appelait à rejoindre cette mobilisation, affirme qu’elle représente un « second combat après celui de Vertières » |12|.

Source : Haití, los otros terremotos citées par CADTM



 

American Curios (La Jornada)

Posté le 26 août 2014 par PAPDA

Cuba, un modèle selon l’Organisation mondiale de la santé

Posté le 7 août 2014 par PAPDA

Plan National de Régularisation des Etrangers en RD : Les autorités haïtiennes doivent agir en toute urgence Spécial

Posté le 16 juin 2014 par PAPDA

Exécution de l’arrêté d’expropriation du centre-ville de Port-au-Prince : position des organisations de droits humains

Posté le 12 juin 2014 par PAPDA

ZunZuneo avait bien pour but d’envoyer des messages à contenu politique

Posté le 14 avril 2014 par PAPDA

Le Sénat des États-Unis ouvre une enquête sur ZunZuneo, le « twitter » cubain

Posté le 14 avril 2014 par PAPDA

Enjeux de l’accord d’El Rancho

Posté le 24 mars 2014 par PAPDA

DECLARACIÓN POR LA AUTONOMÍA, LA CULTURA, LA DEMOCRATIZACIÓN Y LOS DERECHOS DEL PUEBLO LENCA DE OPALACA.

Posté le 3 mars 2014 par PAPDA

Ayiti : katastwòf 12 janvye 2010, 4 lane aprè, anyen pa chanje pou majorite Pèp Ayisyen an nan zafè lojman.

Posté le 3 mars 2014 par PAPDA

Pour ou contre le dialogue Haïti-République dominicaine

Posté le 3 mars 2014 par PAPDA

 

Démysthifier les Institutions de micro-finance

Posté le 8 septembre 2014

Mouvman patriyotik demokratik popilè (MPDP) yon nouvo zouti politik

Posté le 8 septembre 2014

Le gouvernement livre au capital impérialiste 83 % des ressources pétrolières appartenant au peuple mexicain

Posté le 5 septembre 2014

Courriers d’Haïti... Incendies et vases communiquants 22 août 2014

Posté le 28 août 2014

American Curios (La Jornada)

Posté le 26 août 2014

PROGRAMME ETASUNIEN DE DESTABILISATION CONTRE LES MEDECINS CUBAINS

Posté le 25 août 2014

Cuba, un modèle selon l’Organisation mondiale de la santé

Posté le 7 août 2014

IN DEFENSE OF PALESTINE

Posté le 7 août 2014

EN DEFENSA DE PALESTINA

Posté le 7 août 2014

Comment l’aide au développement se privatise au profit des grandes multinationales

Posté le 21 juillet 2014

 
 

Tous droits réservés © PAPDA 2005

URL ancien site (archives): www.rehred-haiti.net/membres/papda/ancien

Site réalisé par la PAPDA

Utilisation de SPIP, logiciel libre distribué sous license GPL

Hébergement chez Alternatives Canada


Enhance your browsing experience: Get Firefox