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Justice Economique 4 (1997) - Editorial

Posté le 15 novembre 2005 par Administrateur

Ecrit le 1er décembre 1997

Un malise grandissant. Le désenchantement s’empare progressivement de couches sociales les plus diverses du pays. Que se passe-t-il ? Les dirigeants disaient tantôt : "Demokrasi te simen, demokrasi ap donnen". Peut-on trouver les traces de floraison ou de production de cette démocratie enchanteuse ou même un signal prometteur, dans la situation que nous vivons actuellement ?

La rentrée scolaire, après l’hécatombe du bac, s’annonce encore plus difficile que les années précédentes. Le maraasme économique s’accentue, les masses pauvres peuvent de moins en moins manger pour survivre. Dans les jours à venir, vu le coût élevé des aliments et la faiblesse d’une production vivri8re, aggravée par une dure sécheresse durant l’année, il ne sera pas surprenant d’enregistrer des poches de famine.

Parallèlement, les nouveaux nantis bâtissent leur fortune dans les avenues du pouvoir. A partir des élections-bidons, on assiste à la constitution ou le parachutage d’assemblées de collectivités territoriales tout aussi bidons, dont l’objectif se situe très loin de la construction de structures participatives mais vise plutôt l’échafaudage d’un Conseil Electoral Permanent téléguidé pour s’assurer de l’avenir de la fortune accumulée.

Cette mystification de la société civile est l’expression d’une lutte acharn0e pour renforcer les assises d’un pouvoir personnel au niveau de toutes les institutions du pays. Elle paraît être une des composantes fondamentales de cette "démocratie" à laquelle font allusion nos dirigeants.

Ce pouvoir personnel mystificateur du peuple fonctionne en symbiose avec les acteurs étrangers, en particulier des américains, qui sont présents sur le terrain pour mettre en place leur modèle de démocratie pour Haïti. Le maintien au pouvoir se réalise ainsi, plus que jamais, au prix de la soumission totale aux donneurs d’ordre. Ce qui apparaît comme une autre composante fondamentale de l’option démocratique oficielle.

La vacance de la primature depuis juin 1997, suivie plus tard de la vacance ordinaire de la chambre basse, a entravé quelque peu l’exécution du plan économique édicté par le biais des Institutions financières Internationales (IFIs). L’agenda a été très pertubé mais malgré tout, pour faire preuve de bonne foi et donner un signe d’engagement ferme, les appels d’offres ont été par le Conseil de Modernisation des Entreprises Publiques (CMEP) pour la vente de la Minoterie et du Ciment d’Haïti. La liquidation a donc été entamée.

La lutte des infirmières et autres travailleurs de santé pour le versement d’arriérés d’augmentation de salaires ou pour rendre effectifs des réajustements, et celle menée pour l’augmentation de salaires à la Teleco, nuisent à l’objectif de contenir la masse salariale comme élément régulateur du déficit budgétaire tel qu’il est exigé par les IFIs.

La Chambre Législative, qui semblait contenir des éléments de résistance, était perçue dans la conjoncture comme le lieu où pourraient s’esquisser des actions en vue d’une réorientation pour sauver la barque. La réalité des blocs politiques et les tendances représentées à agir selon leurs propres intérêts, empêchent jusqu’à présent toute prise de conscience responsable de la situation à ce niveau. Les négociations avec la présidence pour la formation d’un nouveau gouvernement, faites par des représentants de partis politiques et les députés du bloc de concertation contre le néolibéralisme et pour une alternative populaire, ont abouti à une "entente" sur la nécessité d’"un nouveau programme économique et social".

Ce programme proposé par le bloc anti-néolibéral est présenté par ce dernier comme une réponse aux revendications des masses et un ciment devant lier touts les partis et groupes politiques lavalassiens. En réalité, il ne rapprochera que ceux qui ont signé la note de presse du 23 Septembre 1997 dédouanant le Président Préval, à savoir : le Groupe de concertation contre le néolibéralisme et pour une alternative populaire, le MOP (Mouvement d’Organisation du Pays), le PLB (Pati Louvri Baryè), Lafanmi Lavalas, et en plus le KOREGA (Komite Rezistans Grandans). Entre-temps, l’"ancien" programme de réforme économique continue son petit bonhomme de chemin...

La crise est ainsi considérée comme strictement économique - la démocratie également - par ceux-là même qui dénonçaient l’absence d’un plan global pour la gestion du pays. On pense tout de même faire mieux que l’OPL (Organisation Politique Lavalas). Car de ce côté-là, la crise et la démocratie sont surtout liées à la question des élections... Le président n’a tout de même rien signé et annoncé à ce sujet. Il a tenté de jouer pour une fois le rôle de rassembleur et ne peut que s’en réjouir. Les parlementaires du bloc de Concertation contre le néolibéralisme ont la charge d’en faire la publicité. TOutefois, il promet d’appliquer le "programme économique" qui sera adopté par les groupes lavalassiens désormais "unis", signataires de la note annonçant la réorientation économique du pays consignée dans un document ! Si jamais l’accouchement s’effectuait, le choix du nouveau premier ministre ou du nouveau ministre des finances ( !) pour appliquer ce programme désunirait-il ? Faudrait-il trouver un ou d’autrea accords ou bien fermer les yeux sur tout ce qui s’ensuivrait ? La période de dilatoire s’annonce longue...

Et le peuple dans tout cela ? On a la satisfaction d’avoir négocié en son nom ! Le bloc anti-néolibéral a négocié son pain et l’OPL son droit de suffrage !... Quand la montagne accouchera d’une souris, on sera en mesure de lui dire qu’on a tout tenté dans une conjoncture difficile pour faire avancer le dossier en sa faveur !...A lui de se débrouiller désormais !



 

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